Avec la crise de la presse panier, les médias doivent trouver une nouvelle source de revenue pour pouvoir payer leurs journalistes. De plus avec internet (intelligence artificielle, le big data) toujours plus présent dans notre société, quelles solutions ont les médias pour intégrer ces nouveaux outils ?

Ce jeudi 15 août 2019, j’ai eu la chance d’interviewer pendant près d’une heure et quart, le journaliste économique du journal Suisse, Le Temps, Sébastien Ruche. Il occupe ce poste dans la rédaction de ce quotidien depuis 3 ans.
Petit point histoire : Le Temps est un journal suisse édité à Lausanne, il a été fondé le 18 mars 1998.
Premièrement, nous avons parlé de l’organisation de la rédaction. Il y a cinquantaine de journalistes qui travaillent au Temps, dont 11 au service économique avec trois spécialistes en banque et finance dont M.Ruche. Ce média est très réputé, les articles doivent être de très bonne qualité, c’est pour cela que cinq jours par semaine, le matin se réunissent les responsables de rubrique (politique, économie, sciences, …) et les rédacteurs en chef pour décider quels articles seront publiés dans le quotidien. Le journal est très suivi en Suisse romande, c’est-à-dire dans la partie francophone de la Suisse, avec un lectorat important en France et au Maghreb également.
Nous avons aussi parlé du site internet qui est indispensable à notre époque pour les agences de presse. Tous les articles qui se trouvent sur le journal papier sont évidemment sur le site internet. De plus, les articles sortent souvent en premier sur le site avant d’être publiés. Donc pour rester au cœur de l’info et la suivre en temps réel restez connecté !
Au niveau des revenus, ceux de la publicité ont subi une forte baisse dans l’ensemble des médias ces dernières années. La publicité sur les sites internet est bien moins onéreuse que sur la presse papier et les abonnements numériques au journal n’arrivent pas encore à combler ce manque à gagner ; alors on voit parfois des milliardaires ou de riches entreprises rachetaient des médias (Jeff Bezos avec le Washington Post, Xavier Niel avec Le Monde).
Pour surmonter cette crise le quotidien a décidé de lancer ; il y a deux ans, le T magazine, permettant d’attirer de nouveaux lecteurs et de varier les articles (mode, cuisine, immobilier, …) mais surtout pour le modèle économique de l’entreprise de toucher des publicités qui ne peuvent pas apparaitre dans le journal papier. Il y a d’autres moyens de combler ce manque, comme par exemples : avec des conférences payantes ou encore du contenu personnalisé pour les entreprises.
M.Ruche a travaillé dix ans dans un journal réservé à l’économie l’agefi. Grace à ces différentes expériences, il a pu se créer un réseau local, ce qui est très important dans sa profession actuelle. M.Ruche écrit en moyenne deux à quatre articles par semaines, actuellement il travaille sur un article concernant les plus grandes entreprises suisse et sur un autre sur les taux d’intérêts négatifs des banques centrales.
Il n’existe pas de parcours type pour exercer ce métier, mais un journaliste économique reste principalement un journaliste donc une école de journalisme est recommandée. Une reconversion est possible dans la communication des entreprises. Le Temps a des correspondants fixes à New York et à Paris. Il emploie aussi des pigistes réguliers à Londres, Hongkong et en Allemagne, et fait régulièrement appel à un réseau de correspondances partout dans le monde.
Enfin, dernier point abordé avec le journaliste, la révolution d’internet avec l’intelligence artificielle (IA) et le Big Data. Pour M. Ruche l’IA et le big data ne sont pas les ennemis du journaliste, ce sont de nouveaux outils qui vont permettre de gagner du temps. L’IA peut traiter des informations simples comme des résultats sportifs. Le big data va pouvoir trier des énormes masses d’informations, comme par exemple le bilan d’une entreprise sur plusieurs décennies. Mais la machine ne pourra probablement jamais remplacer l’analyse et la sensibilité de l’être humain.